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dimanche 31 mai 2009

Arigato gosaimasu (merci beaucoup)

On ne sait jamais comment aborder la fin d'un tel voyage, sans doute un des plus marquants de ma vie. Ceci est probablement mon dernier post directement du Japon.

Je suis dans le café du ryokan où nous dormons. Lisa Marie et moi avons réparti notre temps: j'ai fait mes bagages pendant qu'elle allait sur internet en bas, je vais sur internet pendant qu'elle fait les siens dans la chambre. Un asiatique pas loin de moi (nous ne sommes plus que deux ici, il est presque minuit, dimanche soir) semble travailler et rusher sur un document. Il soupire souvent en tout cas! Je pari qu'à minuit il a un deadline et qu'il partira.

Mon crane est rempli d'informations et d'émotions diverses. On ne sait pas trop comment on se sent la veille d'un départ, un mélange de plénitude et de sevrage anticipé, je sais pas. On a vu, marché, mangé et trippé en masse, mais il y a tant à voir, tant à faire et c'est tellement agréable de s'abandonner les yeux grands ouverts dans une culture aussi riche que le retour à une vie dite "normale", avec ses dossiers au travail, les embouteillages et ces projets urgents de rénovation résidentielle, pèse un peu lourd.

D'un autre côté, nous avons beaucoup discuté ce soir LM et moi sur nos perceptions et nos impressions face au voyage, face à Montréal et ces comparatifs qu'on ne peut s'empêcher de faire entre nos manières de s'organiser. On a souvent tendance en voyage de trouver "donc ben hot" ce qui se fait ailleurs et on oublie souvent que cet "ailleurs", on l'a vécu en touristes qui a tout son temps, toute sa tête et une totale ignorance de toutes ces règles non-écrites qui régissent toutes les sociétés. Quand on entre dans le métro de Tokyo le matin, pressés comme des sardines entre des centaines de salarymen en veston-cravate, c'est pour aller visiter, glander, s'écraser dans un parc, prendre un verre, visiter, glander, manger au resto, prendre un verre et tutti quanti. On a tout le temps de trouver la ville "donc belle et donc propre" et de trouver les services publics tellement efficaces. On ne travaille pas, on n'est pas malade, on ne sait pas ce qui se passe dans les chaumières le soir venu. En vacances, on voit toujours le meilleur d'une ville. Les touristes qui s'éclatent dans les bars du plateau à Montréal ne se demandent pas si l'administration municipale est amalgamée avec la mafia, si les retards importants du CHUM sont reliés avec des chicanes de contrats millionnaires avec les amis du parti politique au pouvoir ni si l'échangeur sur lequel ils roulent avec leur voiture louée s'écroulera faute d'entretien. Non... Ils absorbent les plus beaux et les meilleurs éléments que la ville qu'ils visitent peut offrir, proposés par des guides, des bureaux de touristes ou des gens locaux rencontrés. Le Japon qu'on a vu est extraordinaire. Le Japon des Japonais: on ne le sait pas.

De Cité
Bilan communications
Moins de connexions internet gratuites que prévu. Moins de temps aussi. Cela dit, on a eu beaucoup de plaisir à faire ce blog et à lire les commentaires qu'on nous a laissé (privés et publics). MAIS CE N'EST PAS FINI.

Nous avons des milliers de photos dont plusieurs doivent être ajoutées à l'album et sur plusieurs des photos déjà en ligne nous devons ajouter des commentaires ou une légende. De plus, LM et moi avons plusieurs brouillons que nous avons jamais terminé, que nous comptons bien mettre à jour. On peut donc prévoir encore quelques semaines de posts occasionnels dans ce blog. Le mieux reste de s'abonner au fil RSS pour ceux et celles qui savent ce que c'est.

N'hésitez pas à revenir.

Quand il sera terminé et fermé, nous vous en informerons.

Note: le gars dans le café a bel et bien paqueté ses choses et est parti quelques minutes après minuit.

A bientôt!

samedi 16 mai 2009

Un quartier nostalgique du Colecovision


Journée grise pour notre premier réveil à Tokyo. Après notre petit déjeuner nous désirons attaquer le quartier Akihabara, surnommé "ville électrique" en raison de sa forte concentration de commerces spécialisés dans les produits électroniques.

25 minutes de train plus tard, nous débarquons. Ce quartier techno est en fait un vestige des années 70-80, années folles où le Japon trônait en roi et maitre en créateur et fabriquant de radios, de télés et de Walkmans. Bien qu'encore actif et rempli de monde, le quartier s'est fait damer le pion par de nouveaux quartiers plus récents aux boutiques plus modernes. La ville électrique s'est donc recyclée en sorte de foire géante où des immeubles de 5 à 8 étages vendent du tout électronique, mais également des mangas (des étages entiers sont consacrés à des mangas explicites) et de nombreux jeux vidéos. Cela a même des airs de marché aux puces, où les commercant rivalisent d'imagination pour crier aux passants d'entrer dans leur boutique, dans un mégaphone, en homme sandwich, en tenant des drapeaux ou avec des jeunes filles aguichantes qui jouent avec des ballons à l'hélium devant des commerces de cellulaires.

Parmis ces centaines de boutiques petites et gigantesques, on trouve d'énormes centres d'amusement de type "arcade", avec des jeux vidéos de tous les genres et bien souvent joués en réseau, et beaucoup de ces jeux sont des cubes de verre dans lesquels ont met de l'argent et on active un levier pour aller chercher un "cadeau" dans un tas, comme on vois parfois dans les cinémas au Québec. Sauf qu'ici, ce n'est pas que des peluches, mais toutes sortes de produits (électroniques, sexuels, etc.). Malheureusement il n'était pas permis de prendre de photos.

Il faut rester calme, ce qui n'est pas évident dans cette kermesse de bruits, qui s'étend dans les magasins où des mini écrans plats placés partout sur les tablettes vendent à coup de cris et de "musique" les produits autour. Il faut rester patient aussi, dans ces marées humaines qui s'agglutinent aux intersections (nous reparlerons de l'aspect "masses" dans un autre envoi).

En fait il y a tellement de choses à dire qu'il faudra prendre des notes et faire des envois plutôt thématiques.

Akihabara dans Wikipedia